D'après un article de Christine Lagoutte paru dans le Figaro du 29 mars dernier : http://www.lefigaro.fr/entreprise/2010/03/29/05011-20100329ARTFIG00448-les-entreprises-se-convertissent-au-teletravail-.php, l'intégration du télétravail dans l'entreprise devient une réalité de plus en plus tangible.
L'article reprend une étude du Centre d'analyse stratégique, selon laquelle, 50 % de la population active française serait «potentiellement concernée en 2015 par le travail à distance, contre 30 % aujourd'hui».
De plus en plus de sociétés lanceraient des expériences dans ce sens, alors que la France demeure à la traîne derrière certains pays (anglo-saxons et scandinaves entre autres). La raison en est simple : de plus en plus de salariés dans l'Hexagone veulent travailler à distance.
Ainsi, un accord est en cours de négociation chez l'éditeur Oracle. Renault et Alcatel-Lucent l'ont déjà expérimenté, et plusieurs sociétés planchent sur le sujet dans le cadre de la conciliation vie privée-vie professionnelle.
Le raisonnement de départ part de la contrainte croissante du transport domicile - entreprise qui s'avère parfois (très) lourde et ... inutile. Pourquoi, dans ce cas, ne pas travailler de chez soi ou de tout autre lieu adapté et pratique ? Inimaginable il y a encore vingt ans en raison du manque de réseaux de communication et de solutions logicielles adéquates, le travail à distance est souvent affaire de bon sens. Il succède somme toute historiquement au paradigme du "bureau", qui n'est autre que la transposition mal négociée des organisations humaines de production industrielle héritées du XIXe siècle au monde tertiaire.
Ainsi, une société qui doit faire venir des salariés pour de la saisie en base de données ou du travail sur écran peut gagner beaucoup à organiser les tâches à distance.
Les travailleurs y gagnent en temps, en qualité de vie, en diminution du stress lié aux transports, sans compter les répercussions diverses (moins de dépenses, etc.).
La bonne exécution du travail est alors affaire de conscience professionnelle, une fois fixés les objectifs et les moyens nécessaires pour les atteindre avec l'encadrement.
Du côté des managers, ils doivent bien formaliser ce mode de travail s'ils veulent qu'il porte ses fruits. Et inutile de se faire des illusions dans le sens inverse : un collaborateur n'est pas forcément plus facile à "surveiller" quand il est dans le bureau d'à côté, et quelle que soit la distance, la difficulté à mesurer la performance demeure identique.
Dans ce mode de fonctionnement, la relation régulière les yeux dans les yeux est nécessaire (l'homme n'est pas fait que de chair, mais quand même), que ce soit pour les mises au point, les échanges divers qui ne peuvent passer par l'électronique, la cohésion des équipes, etc..
Il est évident dans ce contexte que le choix de l'outil de travail collaboratif sera un élément déterminant. Quoi qu'il arrive, le train du télé-travail est bel et bien en marche.

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