La capacité à travailler de façon colocalisée (tous ensemble au même moment et au même endroit) est de plus en plus impossible dans une économie globalisée, à tout le moins dispersée géographiquement.
Les clients, les divers partenaires et les fournisseurs ont tendance à se retrouver dans des lieux différents. Les marchés ne se limitent plus à la région; les compétences se retrouvent aux quatre coins de la planète; les fournisseurs eux-mêmes couvrent des zones de production variées; les entreprises interagissent avec la chaîne d'approvisionnement par des circuits virtuels.
Il est souvent plus efficace d’organiser une collaboration à distance plutôt que d'essayer d'y résister.
Mais comment s'y préparer et dans quel état d'esprit ? Et surtout quels outils utiliser ?
Dans cette phase d'étude et de réflexion, le distingo synchrone - asynchrone fournit une première piste intéressante, même si elle laisse de côté beaucoup des aspects essentiels du travail collaboratif. Voyons rapidement ce qu'il en est.
Pour commencer, le mode synchrone est en fait "presque" synchrone. En effet, le temps réel en informatique n'existe pas. Il est asymptotique en raison des fréquences d'horloge du processeur.
Dans la pratique, ça ne pose pas trop de problèmes, car le cerveau humain est capable de "lisser" ces imperfections temporelles. D'où le terme d'outils collaboratifs synchrones, dont le plus populaire des derniers en date, Google Wave, reflète bien l'esprit.
Vous pouvez en effet voir "tout de suite" ce que produit votre interlocuteur (principalement du texte) et réagir sur le champ.
On trouve bien évidemment aussi tous les outils de type vision-conférence, VoIP avec parfois quelques fonctionnalités complémentaires, ou encore le vénérable IRC (Internet Relay Chat) encore très actif à maints égards aujourd'hui. Signalons qu'à la différence de Google Chrome, ces outils ne reposent pas sur la couche applicative web (qui utilise le protocole http), mais sur d'autres protocoles.
Le travail collaboratif en mode synchrone est particulièrement utile dans des situations terrain où la réactivité est primordiale (à ne pas confondre avec de simples contraintes de communication qui couvrent des processus autonomes).
On trouve d'un autre côté le travail collaboratif asynchrone, qui offre un suivi des échanges par séquences et une relation différente au système.
Il faut attendre non seulement que le temps de rédaction du propos soit terminé et l'envoi effectué, mais surtout, c'est au destinataire d'aller chercher l'information (même si une alerte peut être envoyée en temps réel).
En d'autres termes, on retrouve la différence entre le "push" (synchrone), quand l'information est "poussée" vers le destinataire, et le "pull" (asynchrone), quand le destinataire doit aller la "retirer" lui-même.
A notre époque d'accélération de tout, on aurait tendance à rechercher à tout prix les technologies "push" pour gagner en temps et en compétitivité.
Pour autant, tout savoir tout de suite amène à un surplus d'information qui a un coût : temps passé au traitement, ressources utilisées à l'acheminement des données, etc. sans parler des inévitables risques de "bruit".
Le travail collaboratif doit au contraire souvent bénéficier de plages de temporisation, ne serait-ce que pour éviter d'être inutilement avec l'ordinateur allumé. Il permet aussi une certaine économie du propos et une gestion rigoureuse des flux parfois difficiles à optimiser dans le monde synchrone (principalement pour des raisons liées aux protocoles applicatifs utilisés).
C'est la raison pour laquelle les outils asynchrones sont loin d'être dénués d'avantages.
Voilà donc un premier élément à prendre en compte, même s'il n'est pas le seul, dans le choix d'un outil de travail collaboratif adapté.
jeudi 1 avril 2010
outils collaboratifs : de l'asynchrone au synchrone
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